COMMENT RECEVOIR À LA FRANCAISE
Editions de la Martinière 2014 - Éditions de la Martibière
J’ai tenté par ce livre, tout en dépoussiérant et en simplifiant les règles, de résumer les conférences que je donne régulièrement en France et à l’étranger. À Moscou, par exemple, pour les clients VIP d’une grande maison de luxe français, ou à Beyrouth où j’anime des séminaires exclusivement destinés à des professionnels : cadres bancaires, diplomates, enseignants, militaires, gendarmes, etc.
Arrivés à un certain stade de leur carrière, appelés à de nouvelles responsabilités, et ayant tous expérimenté combien la table demeure le vecteur majeur d’urbanité et souvent le passage incontournable pour progresser dans une relation ou une négociation, beaucoup éprouvent le besoin de parfaire leur connaissance de tous les codes du savoir-vivre indispensables à leurs nouvelles fonctions. Et c’est tout naturellement qu’ils se tournent vers l’art de recevoir « à la française » qui demeure pour eux un parangon, un idéal, une référence incontournable.
L'INVITATION
Une invitation réussie est une alchimie dont tous les détails comptent : un menu raffiné, une décoration de table recherchée, un dress code élégant, des maîtres de maison disponibles et chaleureux, mais aussi et peut-être surtout : un choix judicieux des invités.
Face à cet idéal à atteindre, appliquez-vous à réunir des personnes qui ont des affinités semblables ou des communautés d’esprit ; les échanges se feront spontanément, les conversations s’établiront naturellement sans que vous soyez aux aguets, redoutant le silence pesant de “l’ange qui passe”. Évitez cependant d’asseoir à une même table : deux avocats, quatre architectes ou six entrepreneurs et leurs épouses. Les visions antagonistes de leur spécialité ou les rivalités professionnelles ne sont pas les meilleurs garants d’une soirée réussie. Préférez-leur des personnes de métiers différents, mais de même milieu et de même éducation, et gardez-vous d’associer des personnes ayant des avis très tranchés sur la religion, la politique, les mœurs, au risque de ne pas pouvoir maîtriser leurs échanges... 
L'ART DE BIEN S'HABILLER
Quoi que vous fassiez, vous serez jugé sur votre apparence. En quelques secondes, avec ses propres critères, ses références familiales ou professionnelles, chacun de vos interlocuteurs vous évalue, vous classifie, vous cote. Vos vêtements, votre maintien, vos gestes, tout vous stigmatise ou sublime votre capacité de séduire. Seule une présentation irréprochable, une apparence soignée, un maintien distingué et une connaissance parfaite des usages, amènent à l’aisance, et feront de vous un personnage plaisant qui attire la sympathie.
Toute personne ayant des responsabilités connaît parfaitement ces codes. Un banquier, avant de vous accorder un crédit, un responsable lors d’un entretien d’embauche, un client influent, un fournisseur important, tous porteront leur attention sur votre apparence : vos chaussures, leur style et leur entretien. Leur œil exercé se posera également sur vos mains. Sont-elles soignées ? Vos ongles sont-ils noirs ? Portez-vous un vernis criard ? Ils observeront discrètement vos dents, car vos dents parlent. Tordues, mal soignées, elles sont l’indice d’un manque de soins ou de négligence, mais aussi un indice sur la part de vos revenus que vous consacrez à votre santé.
DRESSER LA TABLE
 Le plaisir de recevoir naît avec l’idée que l’on se fait de notre prochaine réception, le choix des convives, la date, le midi ou le soir, dedans, dehors. Il se transforme en satisfaction dès que chaque ami confirme sa venue. Cette jubilation grandit avec l’élaboration du menu et prend réellement corps lorsque l’on commence à réfléchir au décor de la future table. Mais où dresser cette table ?
LES COUVERTS
Le placement des couverts se conforme à la logique de leur utilisation. La fourchette que l’on manipule de la main gauche se place à gauche de l’assiette. Le couteau, dont on se sert de la main droite, est disposé à droite. De même, la cuiller à soupe est posée à la droite du couteau. Seules exceptions, la fourchette à huîtres et la fourchette à escargots se placent à droite.  En France, la fourchette se pose les dents sur la nappe et le dos du cuilleron la cuiller tourné vers le plafond. Cette disposition, dite « à la française », découle... 
LA FOURCHETTE
Pour piquer les aliments, la fourchette, dos tourné vers le ciel, se tient de la main gauche, la spatule et l’amorce de la branche maintenues par quatre doigts, et le cinquième, l’index, posé sur la tige avant le « bouton ». Pour prendre les aliments et les porter à la bouche, la fourchette se tient...
LE COUTEAU
Le couteau se tient fermement par le manche, l’index posé sur la mitre de la lame. Ne le tenez jamais comme un stylo ou un crayon. Il sert uniquement à couper les viandes, volailles et certains légumes qui résistent à la fourchette, telle l’asperge.
COMMENT ET QUAND PRENDRE CONGÉ ?
 Chacun, lors d’une invitation, se demande à quelle heure, ou à quel moment, il pourra ou devra partir. Un soir de semaine, alors que tous travaillent le lendemain, partir vers 23 h 30 / minuit, semble raisonnable. En revanche, un vendredi ou un samedi soir, on peut imaginer laisser la soirée se dérouler plus longtemps. L’usage dicte de rester bavarder une ? heure après le service du café ou des digestifs...
LE REPAS D'AFFAIRES
Un repas d’affaires ne s’improvise pas, il répond à une organisation minutieuse et à des codes précis. Les pièges sont nombreux et certaines erreurs fatales. Suivant les relations que vous entretenez avec votre futur invité, vous hésiterez peut-être entre le déjeuner et le dîner, ou vous opterez pour une autre solution, plus légère, moins factuelle : le petit déjeuner. De plus en plus en vogue, rapide, peu coûteux et efficace, il est souvent à privilégier. Autre très agréable solution : le bar d’un grand hôtel. On y déguste « sur le pouce », mais quel pouce, de délicieux club sandwichs, dans une ambiance feutrée. De plus, les tables sont suffisamment espacées pour respecter la confidentialité de vos conversations...